J'ai essayé d'être lesbienne...

La vie comme un art

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Plusieurs fois. J'ai eu plusieurs fois des sentiments très forts pour des filles et au delà de ça, j'ai tenté de me rapprocher du milieu lesbien...

Dès l'âge de 13 ans, j'ai eu une meilleure amie magnifique. La fille la plus populaire du collège. En réalité, c'est elle qui venait vers moi. J'étais beaucoup trop plongée dans les livres du CDI ou avec mes copines toute sage pour aller vers elle, donc je ne faisais que suivre son mouvement. Elle était sublime. Des cheveux lisses sur une peau hâlé, des dents blanches du bonheur. Ses parents avaient un bureau de tabac donc elle avait toujours de l'argent liquide sur elle et payait tout pour tout le monde. Elle me couvrait de cadeau et me téléphonait tout le temps. On a grandit ensemble : Carole et Caroline.

J'ai continué à être très sage et elle a continué à être plus délurée. Elle m'a appris à fumer... A embrasser un garçon... Puis à l'embrasser, elle. Je n'embrassais qu'elle d'ailleurs. J'aimais beaucoup Caroline. Elle rendait mes parents fou d'inquiétude et le pire c'est que c'était sa mère qui appelait mes parents pour leur dire son inquiétude de ma fréquentation... C'était une furieuse Caroline... Elle sortait, buvait, fumait, se droguait... Quand je sortais avec elle j'étais la sainte nitouche de service... Je m'endormais souvent à ses raves techno où elle acceptait que je viennes espérant que je changerais, mais où je restais la même sainte nitouche à son grand désespoir...

Mais quand nous étions dans des soirées plus "normales", moins techno et que j'avais un peu bu, j'aimais embrasser Caroline parce que ça rendait les garçons fous de jalousie que je ne les embrasse pas eux et ça me faisait rire. Et j'aimais embrasser Caroline parce que j'aimais Caroline...

Un jour, à son anniversaire, son copain de l'époque après de nombreux sous-entendus nous a invité à aller toutes les deux dans la chambre un moment pour ranger mon manteau, en riant. Caroline m'a embarqué dans la chambre, elle avait bu et comme je venais d'arriver je n'avais rien bu encore... Elle m'a embrassé et en avançant vers le lit, m'a allongé sur les manteaux tout en continuant à m'embrasser. Les bisous de Caroline sont des bonbons. J'en garderais toujours un tendre souvenir qui n'appartenait qu'à nous, mais ce soir là, elle voulait autre chose... Je me suis glissé hors du lit et je l'ai relevé. Et ça c'est arrêté là. On est allé boire des verres avec les autres. Il n'y avait rien à en dire. Il ne s'était rien passé.

Je ne me suis pas posé de question là dessus. Je n'avais pas envie d'autre chose que des bisous de Caroline. C'était déjà suffisamment transgressif pour moi et j'étais immature pour imaginer coucher avec une femme. Ce n'était pas dans mon éducation, ni dans mes envies. C'était un refus très naturel en fait, je n'ai même pas refusé, j'ai juste arrêté quelque chose qui n'avait pas lieu.

Un jour je suis allé à la Pachanga, une boîte salsa sur les quais de Bordeaux. J'ai dansé avec un homme... Un bel homme, grand, le crâne rasé avec des grands et beaux yeux verts... Il n'était pas le meilleur danseur. Mais il dansait... Et dans ses bras je me suis sentie, dans les bras d'un homme, en sécurité, je me suis sentie bien. Comme protégée, rassurée, bien. Je me suis sentie très bien dans ses bras. Les bras d'un homme... Un vrai homme. Il était vraiment très grand et costaud donc ça peut avoir joué, mais tout en lui était masculin. Sa façon de danser, de tenir son verre, de se positionner sur le bord de la piste... Et de me regarder. Il fallait que je parte, alors j'ai pris un bout de papier, je lui ai demandé dans son oreille "Donnes moi ton numéro", je l'ai griffonné vite fait avec le bic de la boîte et en partant, pendant que je lui disais merci, de la façon la plus normale du monde, je lui ai posé un bisou sur ses lèvres et ai disparu tout de suite. Il était choqué. C'était Bernard. Je l'ai adoré Bernard... Et effectivement, il était un vrai homme qui m'a appris a devenir moi... A accepter qui je suis, mes cheveux bouclés, je les lui doit. Mon odeur aussi. Je lui dois mes vêtements plus adaptés quand j'ai envie... Bernard m'a permis de faire mon apprentissage sexuel avec lui, un homme, en toute légèreté, mais sous contrôle et protégé. Je n'aurais pas pu faire n'importe quoi, parce que je l'aimais gentiment, mais surtout parce que sexuellement, il me comblait. Quand je voulais, où je voulais, il m'a épanoui lui tout seul.

Une soirée, pour voir, je suis allée toute seule dans une boîte de nuit de lesbiennes, sur les quais... Quand elles ont ouvert la porte et m'ont vu, elles m'ont parlé comme à une enfant, mais je crois que je n'en étais pas très loin... Déjà que même maintenant, bon... Je reste perchée... Donc il y a 20 ans, je vous laisse imaginer. Elles m'ont expliqué gentiment que dedans c'était "spéciale", que c'était "une boîte de nuit, mais un peu spéciale, où il peut se passer des choses, entre femmes..." en me demandant si j'étais sûre de vouloir rentrer... J'ai dit oui et elles m'ont laissé rentrer avant d'aller danser. J'ai trouver un siège pour m'asseoir et j'ai passé un moment... Seule... Au milieu de tous, sans que personne ne vienne me voir, ni me parler, mais au contraire s'éloigne de moi... Je ne sais pas si il y a 20 ans il y avait beaucoup de jolie métisse lesbienne, mais en tout cas ça a été un flop total, je me suis sentie rejetée. C'était le cas. Je n'en ai pas tenu rigueur (j'étais habituée, je suis métisse, un mélange de couleur oh oh...) et je suis partie en me disant que ça ne devait pas être pour moi. La preuve.

Et puis, bien des années plus tard, il y a eu Lémonie. Je me suis fait piercer l'oreille par elle... Et je la trouvais fascinante. Elle avait les cheveux rasés et un visage fin, elle était magnifique. Elle était dans son cabinet de tatouage et piercing et elle avait son univers et moi, je tombe amoureuse des gens qui ont un univers. Par contre là j'ai clairement eu envie d'elle, sexuellement. J'avais envie d'elle. Je le voyais, je le sentais et je lui faisais comprendre. A l'époque j'étais déjà très proche de franck, je me confiais beaucoup à lui. Il était mon directeur, mais un peu plus aussi. Les médias, ça crée des liens spéciaux parce que ce ne sont pas des vies normales... Bref, je me suis confiée à franck sur mes envies de Lémonie et c'est marrant, mais je crois que Lémonie a contribué à me permettre de séduire franck parce que, je crois, il s'est senti menacé en face d'elle et de mes envies d'explorations sexuelles. Je venais de me séparer de Bernard, je n'avais pas de cadre protecteur... Je voulais tester les limites... Je devenais une femme sous ses yeux, franck me connaissait depuis mes 22 ans, j'en avais 25... Et puis, si je commençais à goûter Lémonie, lui ne serait plus aussi sulfureux pour moi... Je crois que c'était quelque chose comme ça dans sa tête... Et donc à mesure que je me rapprochais de Lémonie en l'invitant à boire un verre, franck se rapprochait de moi en lui barrant le chemin et en me déconseillant formellement d'essayer cette relation... Et c'est franck qui a gagné.

La suite on l'a connait... Les réveils nocturnes, les nuits hâchées, les matinées toutes sirènes hurlantes... Le travail de Maman... La vie.

Donc entre mon dégoût naturel, le rejet que je suscite au milieu et mon manque d'envie, je n'ai pas réussi à devenir ne serait ce que bisexuelle.

Grâce à Dieu.

 


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