Comment se servir de la précarité pour réussir sa vie de mère ?

La vie comme un art

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Je suis précaire. Quand j’étais à Casablanca et que j’étais socialement et économiquement aisée, je n’avais pas droit à la parole sur la situation des plus précaires. Je pense que maintenant, même si mon avis n’a pas changé, je suis plus légitime aux yeux de tous, pour parler de la précarité vu que je suis au cœur de son fonctionnement.

Depuis quelques jours je suis en train de chercher un séjour pour les vacances d’hiver de mes filles… Ce séjour si je le trouve sera en grande partie payé par la Caf et par le Conseil départemental s’il l’accepte, comme l’a été notre séjour au Cap-Ferret, puis à Saint-Tropez et en Corse. Ces trois moments de vacances que j’ai offert à mes enfants n’ont été possible que parce que la France nous les a financé en grande partie et s’est organisé pour que je puisse les organiser toute seule le plus facilement possible...

Depuis 7 ans, la France s’occupe de mes enfants et de ma réinsertion économique et sociale en me soutenant dans mon travail de mère par des actions concrètes. Par exemple, mon pays m’a payé une machine à coudre pour travailler quand j’ai cassé la mienne et j’ai pu travailler 4 ans et former des jeunes avec cette machine qui encore aujourd’hui peut me permettre de me nourrir et d’offrir un avenir à mes enfants.

La France offre une éducation scolaire à mes enfants. On peut en dire ce qu’on en veut, de cette éducation nationale et je ne suis pas la dernière à mollarder sur l’école, mais elle est là et elle s’occupe de mes enfants sous ma vigilance… Libre à moi d’élever mes enfants comme je le souhaite hors de ce cadre là si j’en suis capable ou si je pense que c’est mieux pour elles.

La France nourrit mes enfants tous les midis en adaptant le prix de leur repas à mes revenus qui sont nuls.

Depuis que je suis dans la précarité, la France éveille mes enfants en finançant une partie de leurs activités extra-scolaire. Du côté de l’éveil artistique, à travers le Conservatoire, mes filles reçoivent un enseignement musical de qualité qui pourra leur donner un métier si elles le souhaitent et une reconnaissance officielle de leur niveau artistique. Le prix du Conservatoire est aussi accordé à mes revenus qui sont toujours nuls.

Chaque mois, je touche 1200€ dont à peu près 400€ d’APL pour payer le loyer de mon logement social en plein cœur de Bordeaux. Il me reste à payer de ma poche une centaine d’euros de loyer. Le reste participe a payer mes factures courantes, la nourriture et ce dont les filles ont besoin.

Alors, oui, je vis à flux tendu et je n’ai pas de « confort » mais à qui la faute ?

J’ai organisé ma vie pour pouvoir m’occuper moi même de mes enfants, de mon site Internet, écrire mes livres et continuer de monter mon projet en cherchant un homme qui m’aime pour ce que je suis…

Si je manque d’argent pour manger, je peux aller au Resto du cœur et mes enfants et moi serons nourries et choyées le temps nécessaire. Alors oui, il me faudra ravaler ma hargne et tendre la main le temps que mon travail paie, mais j’ai toujours préféré ça à tendre mon cul et baisser ma tête...

Chaque semaine j’ai accès à l’Epicerie Solidaire où je peux aller faire mes courses à moindre prix. Si je veux aller chez le coiffeur, je peux demander un bon gratuit…

Et au dessus de tout ça, tous mes soins de santé sont prix en charge à 100% pour mes enfants et moi.

Je voyage gratuitement à l’intérieur de la ville avec ma carte de tramway financée par le département et si je veux voyager dans la Région, je peux demander des chèques voyages qui me laissent accéder gratuitement à toutes les destinations que je souhaite dans la Région Nouvelle-Aquitaine.

J’ai aussi un accès à des formations pour consolider mes compétences professionnelles…

En gros, je ne pensais pas dire ça un jour, mais sur le coups, je suis entièrement d’accord avec ce guignol de macron : c’est une honte… Avoir un pays qui propose tout ça et aller casser le patrimoine commun et ne pas signaler que tout ça existe et est accessible à tout le monde, c’est une honte.

J’ai choisi de redescendre de l’échelle sociale pour avoir cette situation là le temps d’élever mes enfants en paix tout en continuant de construire mon projet professionnel pour être complètement autonome… J’ai choisi… Choisi de ne pas faire participer ma famille à ma vie pour ne pas avoir de gens qui se permettent de me juger ou d’interférer dans ma liberté. Choisi de ne pas avoir de faux amis, ce qui implique de ne plus en avoir qu’une poignée de main et de ne pas les sur-solliciter puisqu’un ami n’est pas là pour nous « aider » en permanence…

Quand je vois les gilets jaunes, en vérité, je le dis comme je le pense et sans aucun ménagement, ils me dégoûtent.

Ce sont les même qui vont donner de la poudre pour bovin à leur bébé et qui vont nous meugler dessus quand on leur dira que c’est mauvais pour leur santé et que la nourriture du bébé humain, gratuite, sort du sein de sa mère et non du pis d’une vache… Ce sont les même qui mettent leur bébé à la crèche à 3 mois, paie pour déléguer l'éducation de leurs enfants au lieu de le faire eux même gratuitement et qui meuglent qu’ils n’ont pas le choix… Les mêmes qui au lieu de travailler à apprendre à faire les choses eux même préfèrent payer pour qu'on leur fasse... Dire dans un pays comme la France que l’on n’y a pas le choix et que c'est impossible de sortir de la précarité, c’est une honte…

Je suis la démonstration de la possibilité de ce choix ! Je suis la preuve que ce choix existe et qu’on peut le faire et vivre bien... Bien mieux que dans de nombreux autres pays du monde...

Il n’y a plus aucune raison aujourd’hui que l’on me dise que le fait d’allaiter ses enfants deux ans et de s’en occuper soi même sans déléguer leur soins est une chose impossible au commun des mortels puisque je l'ai fait ! Il n’y a plus aucune raison aujourd’hui qu’on me réponde qu’on n’a pas le choix d’aller faire des boulots de con dans lesquels on nous parle comme de la merde, puisque ce choix là, je l'ai fait !

J’ai fait la démonstration que ces gens là ont une vie de con, parce qu’ils veulent une vie de con !!! Ils veulent qu’on pense pour eux, qu’on parle pour eux, se battent pour eux et si ça ne roule pas dans leur sens, ils cassent tout ???

Augmenter le pouvoir d'achat ??? Mais le pouvoir d'acheter quoi ? De la merde ??? Du made in China ou des biens de qualité tellement médiocres qu'on se demande comment il est autorisé que ça soit en vente ? Acheter de l'alcool ? Des cigarettes ? J'ai arrêté de fumer parce que je n'en avais pas les moyens et que j'avais deux enfants à nourrir. Je ne bois plus parce que c'est au dessus de mes moyens aussi et je remercie la précarité de m'avoir donné la force d'être en bonne santé par bon sens !!!

Comment peut-on être précaire et avoir une voiture ??? C'est un non-sens totale et je le dis d'autant plus que je suis au coeur de la précarité ! Les réseaux de transports en ville sont fait en sorte qu'il n'y a plus besoin de voiture dans les centres villes. Et le fait que des gens doivent faire des kilomètres pour aller travailler est un non-sens !!! Cela ne permet pas de développer leur lieu de vie et engorge les centre villes. Que certains métiers néccessitent l'utilisation de la voiture parce qu'ils sont rares, c'est une chose, mais ce qui est rare est cher, ces gens là doivent être payé en fonction de leur métier et pouvoir payer l'essence qui, oui, pollue notre air et bousille notre santé et notre système économique !

La hausse de la violence vient de l’abandon des enfants par leurs mères ! Des mères qui décident de laisser leur bébé dans des bras inconnues qu’elles sous-paient, créant ainsi la violence économique, pour aller se vendre à des gens qui les méprisent… Quand je parle depuis dix ans d’éradiquer la violence en la prenant à la base, c’est à dire en arrêtant la séparation de la mère et de l’enfant, les premières connes à s’y opposer avec la plus grande des violences sont les mères elles même !!! Les mères qui ne pensent qu’à leur gueule et veulent délaisser leur enfant pour continuer à vivre leur vie de femme libre au détriment de leur enfant… Libre de quoi ???

De vivre la violence qu’elles créent.

Et l'ironie de cette histoire de débile était de voir les femmes aller militer le même jour, à côté de la violence qu'elles ont crée, mais pour défendre non pas les plus fragiles qui naissent de leur manque de travail dans leur fonction maternelle, mais les conséquences de leur démission à leur poste : la violence qui se retourne contre elles... La lutte médiatique des poussins jaunes contre les femmes violets...

Une véritable et profonde honte.

Comme le dit ce taré de macron, il n'y a pas de place pour ces violences là dans la République parce qu'elle est déjà chargée de toutes les autres violences, la République, toutes les violences qui trouvent naissance dans la séparation précoce de la mère et de l'enfant pour laquelle se bat macron lui même...

La honte.