Vivre la précarité autrement.

La vie comme un art

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Salauds de pauvres... Les pauvres inspirent le dégoût. Tout le monde en réalité est dégoûté par les plus pauvres que soi... Le plus pauvre que nous est plus sale que nous, déjà... Et ça, ça dégoûte. Il mange moins bien que nous aussi, souvent des trucs tellement dégueulasses que la seule vue de son repas nous dégoûte autant que lui. Et puis il parle plus crûment que nous, aussi, une langue de pauvre, avec des gros mots et des fautes de pauvre que l'on peut recopier sur les réseaux sociaux pour se foutre de sa gueule de pauvre. Parce qu'il est toujours un peu con le pauvre et puis il s'habille plus vulgairement que nous. Voilà ce qu'est le plus pauvre. Un sale, vulgaire, dégueulasse et pauvre con.

Personne... Ou plutôt très peu de monde veulent vivre avec les gens qui sont plus pauvres qu'eux. Parce que notre classe sociale est en nous. Selon notre niveau d'éducation déjà. Plus on est instruit et considéré comme intelligent et moins on a le droit d'être pauvre. Les autres ne nous autoriseront pas facilement à être pauvre si on est instruit. Sauf si on est visuellement étranger. Moi par exemple. Je suis française de naissance et de sang, mais visuellement, je reste une étrangère si je ne parle pas. Quand je parle, ma langue dévoile mon appartenance culturelle et mon niveau sociale plutôt élevé. Mais comme je suis métisse, on me laisse être pauvre. Même si ça coince parce que je suis belle. Une belle femme ne peut pas être pauvre. Elle a par sa beauté l'obligation de sacrifier son choix amoureux à son physique pour trouver le meilleur partie qui l'empêchera de subir la précarité. Si une belle femme est pauvre, c'est qu'elle est folle, traumatisée, asociale ou débile. Voir tout ça en même temps...

Comprendre qu'une jolie femme a pu faire le choix de devenir pauvre parce que c'était la meilleure chose qui pouvait lui arriver au moment où elle a fait ce choix là, c'est très compliqué pour les deux camps : les pauvres, comme les riches. Même si je pense que les pauvres peuvent avoir plus de facilités à comprendre le rejet social que peuvent inspirer les plus riches. J'ai longtemps regarder les gens me regarder dans mon choix d'être précaire et ne pas me comprendre.

Maintenant à moi de donner mon point de vue sur ceux que je vois, sur leur choix...

Je vois des gens qui décident d'abandonner leurs enfants dépendants et fragiles pour aller se détendre dans des endroits qu'ils appellent "travail" qui ne servent absolument à rien d'autre qu'à créer de la fausse richesse et se permettre de se gausser des mères qui ne délèguent pas l'éducation de leurs enfants et qui gèrent une maison, une vie et des enfants et dont ils ne supporteraient pas le travail (qui pour le coups en est réellement un)... Je vois des gens courir après l'argent qui va leur permettre de passer du temps avec leurs enfants, le même temps qu'ils bradent à d'autres femmes qui mésestiment leurs enfants puisque ce ne seront jamais les leurs et qu'on ne peut pas élever un enfant qui n'est pas le sien avec le même amour et la même attention que l'on donne à son enfant. Je vois des hommes et des femmes se faire des enfants et se passer à côté pour découvrir un monde qui ne leur laissera rien qu'un vague goût d'euphorie et des souvenirs de gâchis quand ils se retrouveront face à leurs enfants devenus adultes qui ne les considèreront pas au delà de ce qu'ils ont été : absents.

Je vois des gens faire des choix de vie pour de l'argent et s'étonner que leur vie n'ai aucune valeur... Des gens qui privilégient le paraître et les apparences, qui ne veulent pas faire de vagues et se noient dans leurs faux semblant.

Je vois des mères sombrer dans l'alcoolisme et des pères qui se perdent dans des sexes à la location à disposition du grand marché de la misère de ceux qui ne veulent plus s'aimer eux même.

Je vois des gens qui se mentent, à eux même et se laissent penser que leurs propres enfants, les premiers qui les connaissent de l'intérieur d'eux même, les croient eux aussi quand ils disent que c'est pour leur bien qu'ils les abandonnent, les frappent, leur mentent... Les traumatisent.

Je vois des enfants enfermés dans des prisons de 8h30 à 18h, obligés de rester assis et silencieux en face d'adultes qui font semblant de croire qu'ils servent à quelque chose  et sauvent les pauvres humains qu'ils sont en train de perdre. Des enfants que l'on écrase, que l'on éteint, que l'on violente dans un système qui n'a plus aucun sens, qui le sais et qui veut continuer à vivre quand même parce que mourir signifierait la réalité : qu'il n'a jamais rien fait d'autre que du mal aux plus faibles...

Je vois des gens qui ne veulent pas écouter les règles les plus simples comme celle de ne pas consommer de produits toxiques, se mettre à revendiquer le droit d'attraper le cancer avec l'aide et l'appui du gouvernement c'est à dire de nous tous... Des gens qui mette un gilet jaune pour demander que l'on enlève les taxes sur la cigarettes cancérigène qui leur coûte le prix de leur rsa chaque mois, enlever les taxes sur l'alcool qui les rend aussi con que malade, enlever les taxes sur l'essence qui empoisonne tout le monde et leur permet de déserter leur lieu de vie pour aller construire la vie des autres qui les méprisent...

Je vois un gouvernement qui ne se cachent même plus pour leur dire d'aller se faire foutre.

Je vois des mères qui réclament le droit de priver leurs enfants de pères et des pères qui réclament le droit de rester des petits garçons en n'assumant jamais leurs responsabilités d'homme qu'ils ne savent même plus être...

Je vois des "riches" qui sont d'une pauvreté mentale et de coeur à dégueuler... Des riches qui sont prêt à prostituer leurs soeurs, à épouser leur mère et à enculer leur père s'il le faut, tant qu'ils gagnent plus de pouvoir que le con-current... Pouvoir dont ils ne savent absolument pas se servir comme un petit garçon qui découvre sa première érection et fait une crise d'asthme...

Choisir sa place sociale et l'assumer, c'est voir tout ça et définir sa place en fonction de ce que l'on est capable de mieux supporter, mais aussi des choix les plus rentable sur le long terme... Si tu ne veux pas te retrouver à poil à la fin du mois, est ce que tu es sur que tu as les moyens de fumer, de boire de l'alcool et d'avoir une voiture ? Est ce que tu es autonome sur tous ces points ? Non ? Alors devient autonome ou alors arrêtes de fumer de boire et de conduire. C'est aussi simple que ça.

Si tu n'es pas content d'être pauvre, deviens riche. Au lieu d'aller réclamer tes droits à ceux et celles qui t'apprennent à leur brader tes droits en te prenant pour le roi des con, en te faisant baiser tes gosses et négliger ta femme, en te laissant te pourrir la santé, prends toi en main et deviens riche ! C'est très simple. Pour les filles, mets ta jupe et avale et pour les garçons vends la drogue et tue. C'est très simple. Maintenant les rôles sont même interchangeable, tu peux sucer si tu es un garçon et passer la drogue si tu es une femme, c'est pratique...

Quand je regarde ceux et celles qui veulent devenir riche, je souris... Prépares ton dos, les poignards arrivent. Tu ne seras plus jamais toi... Tu ne seras plus jamais rien, tu seras riche. On t'aimera et te détestera pour ton argent, les hommes et les femmes voudront te baiser, tu auras plein d'amis qui te détestent cordialement du soir au matin en te léchant les chaussures du bout de la langue le regard attendri par ta magnanime attention sur leur misère... Tu seras un homme ou une femme importante, que tout le monde veut abattre pour montrer que ce n'était pas possible. Du soir au matin tout sera faux. Tu ne croiras plus en rien ni en personne. Tu n'auras plus d'amis, même ta famille te trahira.Tu n'auras plus le droit d'avoir ta propre odeur, tes propres cheveux, tout en toi devra être passé au crible de l'hyper codage... Pas le droit de transpirer. Tu ne pètes jamais. Ton repas est un tableau de maître que tu te dois de considérer comme l'aboutissement de la normalité de ce que doit être ta vie. 12 personnes ont dû se saigner pour ce repas là, avec des vies d'esclaves, mais ce n'est que juste retour des choses pour toi, tu es riche.

Tu seras seul, parano, égocentrique et complètement... Hors sol. Le plus pauvre de tous, tu seras devenu riche. Si c'est la vie que tu souhaites, fonce, mashallah.

Je crois qu'il y a un équilibre à trouver entre ce que l'on veut, la réalité de ce que l'on peut avoir et l'acceptation du meilleur de ce que l'on a. Et par expérience, le plus compliqué dans tout ça et de faire souvent un bilan pour se rappeler que ce que l'on a est exactement et en tout point ce que l'on veut, sauf que ça ne correspond pas aux mots que les gens plaquent sur nous...

Des millions de gens vivent une vie pleine de sens, douce, auprès de leurs enfants, se battent, grandissent, se développent, en harmonie et en paix en ayant le mot de la pauvreté placardé sur la figure... Aux yeux des autres, plus nombreux, plus riches qu'eux, même si bien plus pauvres que d'autres, ces gens là, heureux et simples puent, sont sales, bêtes et forcément malheureux et mécontents de leur situation. Parce que pour eux, les méprisants, il est inconcevable d'avoir choisi une vie honnête et vraie pour éviter la fake life qui se déploie sous nos yeux ébahis depuis bientôt 10 ans je pense...

Je regarde les gilets jaunes et je me retrouve en face de ces mots trop forts, même pour moi, mes mots : "ils me dégoûtent"... Oui... Ils me dégoûtent... En train de pleurer leurs droits à des gens à qui ils ne les ont jamais donné... En train de faire le piquets de grève devant ceux et celles qui leur distribue les gilets pour qu'ils puissent donner l'impression qu'il se passe quelque chose qui pourra changer ce qui est inhérent à l'être humain : la lâcheté, la bêtise et cette couardise de Minion... C'est vrai... Oui... Ils me dégoûtent. Tout comme je dégoûte nombreux de plus riches que moi qui me regardent de haut, mon hlm, mon rsa et moi... Salauds de pauvres.