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Quand on choisit d'être mère au foyer et de ne pas déléguer l'éducation de ses enfants, on ne peut pas se séparer de son conjoint sans se retrouver à la rue si on ne se place pas en situation de précarité...

Je vais donner mon expérience que je regrette d'avoir eu et que j'aimerais éviter à d'autres mères et à l'état. Quand le père de mes enfants m'a trompé alors que j'étais enceinte et que j'ai voulu le quitter parce que je ne pouvais pas vivre dans la même maison que l'homme qui avait trahi tout l'amour et la confiance que je lui avais donné, je me suis rendu compte très vite de quelque chose que je savais déjà par expérience : la mère au foyer est l'équivalent du paillasson de la société. Elle n'a aucun droit en réalité, aucune reconnaissance et l'affaiblissement des liens sacrés et juridiques du mariage n'ont fait que la rabaisser au fin fond de l'échelle sociale et professionnelle.

Peu importe que l'on soit le pilier de la maison, que sans nous notre maison ne génère plus un centime ou que nos enfants bénéficient d'un travail éducatif en or massif, la réalité est que juridiquement, même en étant la mère des enfants, si on n'est pas marié (et même si, j'ai envie de dire), on n'est rien face à une séparation.

Quand mon père a mis ma mère à la rue avec ses trois enfants, nous nous sommes retrouvés dans un foyer maternel pendant que mon père était dans la maison familiale que nous n'avons plus jamais réintégrée.

Quand j'ai voulu quitter le père de mes enfants, j'étais à la rue en réalité. Je vivais dans la chambre d'étudiante de ma soeur avec ma fille de 2 ans. Je me suis donc inscrite au RSA et j'ai mis en place toute la batterie de demande d'assistance nécessaire à mon émancipation avec mes enfants. Cela m'a permis d'être accompagné par une assistance sociale à partir de ce moment là et de pouvoir demander un logement social en même temps que j'avais de quoi vivre de façon autonome puisque le père de mes filles ne me versait rien et que je devais rester allonger pour protéger ma grossesse précieuse.

Quand j'ai accouché, j'ai dû me résoudre à faire avec le père de mes enfants et à rentrer vivre avec lui malgré notre passif et tout ce que j'avais à lui reprocher, tout ce qu'il m'avait fait subir... En tant qu'être humain indépendant et autonome, j'ai dû prioriser mes enfants et faire tête basse pour ne pas leur faire vivre la brutalité d'une séparation amoureuse conjuguée à la rudesse de la précarité.

Mais je n'ai fait que reculer pour mieux me barrer. Je le méprisais, il me méprisait, il me manipulait, j'en faisais de même, la vie était devenue malsaine dans le fond, même si en surface ma fille me raconte encore aujourd'hui comment ces années là lui manque et comment elle était heureuse.

C'était l'enfer enrobé de miel. Parce qu'on n'a pas le droit de retenir un être humain qui veut partir et que les enfants ne sont pas une excuse au kidnapping d'une personne. Je suis une farouche militante du fait que les enfants doivent absolument grandir avec leurs deux parents et que les deux parents doivent assumer l'éducation de leurs enfants à deux, qu'ils le veuillent ou non, il fallait y penser avant.

Mais je ne suis pas du tout favorable au fait de maintenir les femmes sous la coupe de connard taré qui les négligent et leur font du mal sous le prétexte qu'elles sont les mères des enfants. Non. Une femme, une mère au foyer, doit pouvoir partir du domicile conjugale d'une façon sereine et sécurisée sans se mettre en extrême précarité et sans courir le risque de vivre les violences conjugales.

Les enfants doivent être protégés de la précarité et de la violence en vivant des transitions, qui se passeront de toutes façons, de façon aussi douce que possible, cela afin de réduire toute montée de violence dans la société et de garantir la paix à tous les citoyens.

Je pense que les MDSI peuvent aisément mettre en place des programmes anonymes de départs de foyer conjugal pour aider les mères au foyer sans ressources qui souhaitent se séparer de leur conjoint, à partir, le plus pacifiquement possible.

La demande de logement sociale pourrait être possible pour une femme vivant encore en couple pour des raisons économiques, mais qui souhaite quitter son conjoint, les enfants pourraient être pré-inscrit dans des écoles du nouveau secteur, la médiation familiale pourrait se mettre en place pour éviter les confrontations violentes et pour que la mère et le père ne soient pas seule au moment de la séparation, mais soit accompagné vers le maximum de respect et de compréhension l'un pour l'autre.

Il faut en finir avec le temps ou la mère des enfants est la propriété de celui qui paye les factures pour nourrir ses propres enfants.

Je suis désolée d'avoir eu à utiliser le RSA en étant obligé de vivre avec le père de mes enfants, mais c'est ce qui m'a sauvé et m'a permis de m'émanciper. Pas à cause de l'argent auquel il donnait droit, mais grâce à l'émancipation qu'il permettait par les droits qu'il ouvre. A l'époque, si j'avais pu conserver mes droits de demande de logement social et mon accompagnement par une assistante sociale pour assurer ma séparation familiale en douceur pour mes enfants et moi, sans toucher d'argent, je l'aurais fait. 

Et je pense que cette mesure que je propose peut aider à accompagner des parents vers la resolidification de leur couple et éviter la séparation. Nous sommes face à une structure familiale qui a maintenant le droit d'être mouvante, mais avec des enfants qui ont toujours besoin de cadre stricte et rassurant. Un accompagnement est nécessaire pour certaines familles et le mettre en place est un gain pour tous.

Je ne suis pas actuellement en mesure de rembourser ce que j'ai touché, je ne saurais même pas dire ce que j'ai touché avant de trouvé comment faire pour partir en douceur du domicile familiale en ayant construit un minimum mon univers et celui de mes enfants pour éviter le désespoir, mais je me suis toujours dit que mon travail d'informations gratuites et de défenses des droits des mères et des enfants que je fais d'une façon complètement bénévole depuis 10 ans, à destination de tous, sont ma façon à moi de rembourser ma dette à la société.

Que Dieu seul me juge.

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