Prostitution : les plus vieilles esclaves du monde

La vie comme un art

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Il y a deux ans j’ai fait la pute. Dans un film...  L’horreur !!!

 J’ai eu la très grande chance de grandir avec un frère aîné qui a décidé d’expérimenter sur moi ses idéologies foireuses dont une qui disait je cite que « si on répète tout le temps à quelqu’un dans son enfance qu’il est quelque chose, à force il le deviendra à l'âge adulte ». Ainsi j’ai donc grandit avec un frère qui avait décidé que je serais une pute dés ma majorité et qui passait son temps à me dire en conséquence que j’en étais une. À partir de 10 ans... A 13 ans j’essayais de me suicider pour sortir de cet enfer, mais là n’est pas le propos.

J’ai donc toujours eu la sainte horreur depuis très tôt qu’on me prenne pour une pute ou qu’on me laisse penser qu’il y a de ce rapport là entre quelqu’un et moi et je fais très attention à ne pas être assimilée pute.

Pour moi, dans ma tête d’enfant, devenir une pute c’est faire gagner mon frère maltraitant et ça, c’est juste hors de question. J'ai passé une partie de ma vie depuis mon enfance à le faire échouer contre moi de la façon la plus grandiose et élégante possible et c’est devenu une grande source d’amusement parce qu’en guise d’expérimentation, il a été mon premier terrain de jeu et de victoire là où il me voulait sa victime.

Il est amusant de noter que ce frère est devenu avocat... Côté prostitution mentale, je crois que le métier est souvent bien placé.

Je ne suis pas devenue une pute. Je suis devenue comme je le voulais une journaliste de presse, animatrice radio et mère de famille qui se bat encore contre les expérimentations d’idéologies obscures de ceux qui prennent le pouvoir par la force, physique ou économique, pour s’en prendre aux plus petits d’entre nous et aux plus fragiles.

Mais j’ai aussi eu la chance de grandir auprès des putes camerounaises. Ces femmes venues chercher du soleil dans la grisaille bordelaise et qui finissaient par vendre leur beauté pour payer la vie de luxe qu’elles voulaient s’offrir et offrir à leurs enfants. Certaines de ces femmes, que j’appellent mes tantes, ont été assassinées par leur mac où on ne sait qui, certaines ont maintenant le sida et d’autres sont juste alcoolique, mais aucune n’incarne la bonne santé physique et mentale à mes yeux et on peut lire sur elles la rudesse qu’elles ont dû traverser à travers la vente de leur corps.

Il y a deux ans, alors que la question de la prostitution était au cœur de ma réflexion pour mon roman dans lequel je souhaitais l’aborder, j’ai reçu un coups de téléphone d’un régisseur de film qui souhaitait louer ma camionnette que j’avais mis en vente sur Leboncoin pour un tournage. La camionnette serait relookée version camion de pute et je serais rémunérée en conséquence... Chouette. J’ai bien évidemment accepté, mais j’ai sauté sur l’occasion pour demander au régisseur si je pouvais incarner le rôle de la pute !

J’ai été embauché pour une journée de tournage et j’ai été déguisée et maquillée en pute, à l'intérieur du camion pour la majorité des scènes, avec une autre femme, noire et magnifique, mais aussi sur le trottoir, seule, pour une ou deux scènes qui se sont révélées traumatisantes pour moi.

L’équipe de tournage était mobile et les caméras se déplaceaient autour de tous les acteurs sur un champs d'action assez large, ce qui fait que parfois, je me retrouvais juste au bord de la route sans que rien n’indique aux voitures, ni aux passants que j’étais en train de tourner un film. J’étais une pute de base, en train de faire le trottoir sur le bord de la route. Le plus gros malaise de ma vie. J’ai eu l’impression que quelque chose de tellement sale se posait sur moi de tout son poids gluant et que j’étais attaqué par les regards. Je l'étais. J'étais la proie de tous les regards vicieux qu'il y avait dans ce périmètre.

Tout le monde me regardait avec tellement de mépris, de pitié et de convoitise que tous ces regards sur moi me blessaient plus que toutes les attaques verbales que j’ai déjà pu affronter.

Le climax de l’horreur c’est quand un homme avec lequel j’ai grandi dans la cité de ma mère est passé non loin de moi. J’ai vu le choc de l’horreur sur son visage, le dégoût et la peine qu’il a eu à me voir en train de faire la pute. C’était juste horrible, je voulais aller le voir en courant et lui dire « Mais non !!! C’est juste un film, je ne suis pas une pute, regarde là bas les caméras tu vois ! » et en même temps je me disais « Si j’étais tombé aussi bas qu’il me faudrait faire le trottoir, il ne viendrait donc même pas me tendre la main et m’aider pour me sortir de là ??? Il ne me parlerait même pas pour savoir pourquoi je suis là et comment j’en suis arrivé là ? Mais il est donc aussi horrible que ça qu’il me laisserait me vendre sur le bord de la route sans venir me réconforter ??? »

Je le crois très très fréquemment et il tourne la tête ou fait mine de ne plus jamais me voir. Et chaque fois que je le croise je me pose exactement les même questions que ce jour là. Et je ne trouve toujours pas de réponse...

Comment peut-on laisser des filles, des femmes, vendre ce qu’elles ont de plus cher, vendre leur amour, leur corps, pour pouvoir continuer à vivre dans ce monde qui est tout autant à elles ? Comment une société digne peut-elle priver les femmes de ce droit à la dignité et au respect de leur corps ? Comment une société respectueuse peut-elle laisser ses hommes vivre cette si grande misère qu’ils en soient réduit à croire que l’amour s’achète et qu’ils iront mieux en payant l’amour physique pour combler l’amour qu’ils ne reçoivent pas et la violence qui s’exerce sur eux ?

Tous les pays qui ont mené des luttes contre le système prostitueur ont vu leur taux de criminalité réduire drastiquement. Certains ont même fermé la majorité de leur prison tellement la fin de la prostitution a signé la fin de la violence.

On ne peut pas faire semblant d’ignorer la détresse qu’il y a dans la prostitution, autant du côté des femmes que des hommes qui sont dans cette déchéance là. La prostitution est la matérialisation de la violence économique et de la misère économique, morale, sexuelle, sociale et ceux et celles qui la défendent sont les proxénètes esclavagistes qui bénéficient de cette violence et la font subir aux autres pour maintenir leurs intérêts. Sauf qu’ils doivent comprendre que leurs intérêts ne sont qu’illusions et leur font du mal à eux, en premier.

 


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