Huit ans…

La vie comme un art

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 Il y a 8 ans, j’avais 28 ans et un bébé de 9 mois. J’étais la femme d’un directeur de radio au Maroc. Diplômée, j’avais répondu à mon plan de carrière en devenant journaliste presse et animatrice radio. J’avais travaillé dans les entreprises dans lesquelles je rêvais de travailler, trouvé l’homme de mes rêves aussi et nous avions mon bébé rêvé.

 

Le rêve.

 

Fébrilement, le feu sacré dans le ventre, il y a 8 ans, jour pour jour, je lançais www.maman.ma, le premier site historique dédié à la maternité au Maroc.

 

Huit années…

 

Aujourd’hui, je suis une mère célibataire au RSA qui vit dans un HLM. Mes deux filles vont à l’école publique dont nous dépendons et nous n’avons plus aucune nouvelle de leur père depuis des années maintenant…

 

Je suis devenue la Chefe de famille.

 

Je gère l’éducation de mes enfants, ma vie professionnelle, amoureuse et sexuelle, mon image de marque et mes choix politiques, je paie mon loyer et nourrit mes enfants, seule.

 

On peut choisir de lire mon cheminement comme une descente aux enfers, ou comme moi, voir la magie partout dans chacun de mes choix et voir que je suis en train de réussir ma vie harmonieusement.

 

Comme si à chaque pas il m’avait été demandé de m’impliquer et qu’à chacun de mes pas, je l’avais fait, impliquée.

 

Il y a 8 ans, je vivais avec un homme qui me trompait et me manipulait, je demandais la permission pour m’acheter quelque chose et devait m’en justifier. Ma fille grandissait dans un univers où les valeurs superficielles me pourrissait la vie et m’obligeaient à des contorsions mentales de négociations avec moi même pour me sentir « propre » un minimum. Est-on fait pour enjamber des enfants qui sont au sol ? Est-on fait pour fermer nos fenêtres de voitures aux enfants qui mendient sur les routes ? Est ce ça l’humanité ?

 

J’étais scruté, jugé, condamné aux moindres pas.

 

Aujourd’hui, je vis dans un très joli appartement, à ma taille, pas plus, pas moins, au centre de Bordeaux MA ville, avec une vue à couper le souffle sur le ciel qui me saisit encore d’amour tous les matins.

 

 J’ai pu construire mon projet personnel qui me tient tant à coeur, le même feu sacré dans le ventre, pour marcher vers mon autonomie et être accompagné dans ce sens, mes deux filles vont dans une des meilleures écoles de Bordeaux et ont accès à une éducation de qualité pétrie de la diversité culturelle qui fait la force de la France, de ma France en tout cas…

 

Je suis libre et apaisée de pouvoir apprendre à mes filles à être libre et apaisée.

 

Mes filles ne sont pas tiraillées entre deux maisons, deux familles, au milieu d’une guerre de couple. Elles sont sereines. Je ne les élève pas dans la haine de l’autre, jamais.

 

Quand le moment viendra, je sais qu’elles auront accès à leur père et ce ne sera pas mon histoire, mais la leur. Son absence est notre paix et notre force, étrangement, nous sommes soudées.

 

Nous sommes une famille monoparentale accomplie dans laquelle la valeur principale est la joie de vivre.

 

C’est un bilan très positif que je fais de ces huit dernières années.

 

Pour ces huit années à marcher, que Dieu soit loué.

 

Avançons encore. Toujours plus.

 

La vie comme un art.

 

 

 


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